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Des formes de vie complexe bien plus anciennes découvertes au Gabon, Franck Ossa Ossa livre sa part de vérité.

Interview Exclusive.

La découverte a été faite intégralement dans le cadre du travail de thèse de Frantz OSSA OSSA. Francis MAYAGA


Par Brainforest - 31/12/1969 à 19:00:00 - Modifié le 31/12/1969 à 19:00:00

Frantz Ossa Ossa parlez-nous un peu de vous, où êtes-vous en ce moment et quelles sont vos activités de recherche ?

Tout d’abord grand merci au site Brainforest pour son attention sur mes activités de recherche et l’intérêt particulier qu’il porte sur l’évolution de la recherche scientifique au Gabon et partout dans le monde.

Actuellement je suis en poste de recherche postdoctorale à l’Université de Johannesburg en Afrique du Sud. Mes travaux de recherche sont principalement orientés sur l’évolution de la Terre primitive et l’impact sur la distribution métallifères et l’émergence de la vie. C’est un programme de recherche mené en collaboration avec Caltech Institute, Yale University, University of California aux USA ; University of Manitoba au Canada et l’Université de Pékin en Chine.

Est-ce que vous pouvez être plus explicite ?

En gros j’essaye d’apporter un peu plus de lumière sur l’évolution des conditions atmosphériques en termes de niveau en oxygène « libre » pendant une époque très anciennes de l’histoire de notre planète Terre.

Vous savez, l’oxygène est un élément très important et son apparition « sous la forme libre » à la surface de la Terre a entrainé des changements sans doute irréversibles parmi lesquels nous pouvons citer :

  • L’évolution de la vie, en partant des formes de vie primitives et plus simples vers des formes de plus en plus complexes.
  • L’altération chimique des roches, la mise en disponibilité des métaux et leur redistribution à la surface de la Terre.

La mobilisation et le dépôt de certains minerais tels que le Fer, le Manganèse, ou l’Uranium dépend souvent des conditions redox  dans leur environnement de mise en place, « en gros des niveaux en oxygène ». Vous allez comprendre par là qu’une telle étude est d’une importance capitale pour l’exploration minière car elle permettra de faire une meilleure prédiction de l’emplacement des corps minéralisés ou encore des gisements.

Frantz Ossa Ossa je ne sais pas si vous avez suivi, mais l’équipe de Poitiers conduit par le Professeur El ALBANI a fait la une de l’actualité au Gabon ces derniers temps, avec la sortie d’un documentaire, un article paru dans la revue  scientifique de l’académie des sciences aux USA, une intervention au JT de 20h à Gabon Télévision, ainsi que la presse écrite comme le journal l’Union. Qu’est ce que vous pouvez nous dire à ce sujet ? Votre disparition dans le paysage autour de ce projet de recherche, ou l’intervention « très pédagogique » du Professeur El ALBANI au JT à Gabon Télévision.

Je voudrais tout d’abord félicité l’équipe de Poitiers pour cet excellent travail publié dans les PNAS qui reste quand même une référence mondiale de très haut niveau. Ce travail a un impact important au sein de la communauté scientifique mondiale, et je suis tout simplement fier de mes jeunes sœurs et compatriotes, me remplaçant à Poitiers, et qui ont saisi la notion de la continuité et du travail au très haut niveau.

En revanche, suite aux publication de l’an dernier, vous savez déjà que les raisons de mon départ de Poitiers sont purement malsaines, je ne voudrais pas revenir là-dessus. Si vous voulez vous êtes libre de revenir sur ces déclarations pour mieux éclairer l’opinion publique. J’ai tourné la page et je suis reparti de l’avant maintenant et ça semble bien marcher.

Si ça fait plaisir à l’équipe de Poitiers de m’effacer du paysage « au Gabon » cela m’est déjà vraiment égal, mais en plus de cela si les autorités gabonaises n’y ont pas été sensibles, que voulez-vous que j’y fasse ? La seule solution pour m’en sortir était de tourner la page et aller de l’avant. Un minimum de fierté quand même pour une découverte aussi importante !!! Pourquoi ce sera toujours les Américains, les Européens, les Asiatiques, en gros les autres ? Ne citerons pas un Gabonais comme acteur principal dans une telle découverte dans le monde un jour ? Quand on cite le nom de Charles Darwin, aujourd’hui on peut désormais mettre à côté le nom du Professeur El ALBANI (Chercheur Français et fierté de la France), vous pensez que le nom de Frantz OSSA OSSA (Chercheur Gabonais et fierté des Gabonais) n’y a pas sa place ? Le Gabonais a-t-il perdu sa fierté ? Ou il ne l’a jamais eu ? Où est passée notre sens du patriotisme ?

En Juillet 2010, une version de la découverte a été présenté aux médias du monde entier, si en 2013, une nouvelle version de la découverte m’effaçant du paysage est présentée au Peuple Gabonais en passant par les medias gabonais, c’est que ceux qui sont responsables de ça considèrent que le Peuple Gabonais est un peuples de dupes et stupides, où n’importe quel marchand à la sauvette ou vendeur d’illusion peu venir y vendre n’importe quoi et s’affirmer. Ce qui m’a donné le courage d’avancer c’est une reconnaissance internationale marquée par des collaborations très prestigieuses avec des Chercheurs de Caltech Institute, de Yale University, de California University…Vous pouvez vérifier leur classement sur l’échelle mondiale des universités afin d’avoir une idée de ce que cela peut représenter en terme de prestige. D’ailleurs je viens de bénéficier d’un financement sous forme d’un séjour de trois mois entièrement payé par Yale University aux USA pour y faire des analyses et discuter des avancés sur certains projets en cours.

 

Justement Frantz Ossa Ossa, en parlant du Peuple Gabonais comme peuple de dupes et de stupides, Brainforest avait suivi avec attention l’intervention « très brillante et pédagogique » du Professeur El ALBANI au JT de 20h de Gabon Télévision présenté par Yves MINTOUMBA, qui a enseigné un peu les gabonais sur l’histoire de l’apparition de l’oxygène libre dans notre atmosphère, en expliquant qu’il n’y avait pas d’oxygène disponible avant le grand événement d’oxygénation du début du Protérozoïque (autour de 2, 3 milliards d’années). Sans vous le cacher, toute l’équipe de Brainforest s’est insurgée car notre attention est également orientée sur l’évolution des faits dans le monde scientifique et nous savons bien que plusieurs théories ont contredit cette hypothèse, c’est d’ailleurs l’une des principales motivations de cette entrevue, Qu’est ce que vous pensez de cette « brillante intervention pédagogique » donnée au peuple Gabonais ?

Je suis vraiment très surpris par la pertinence de votre question et je vous l’avoue.

Mais vous savez, je ne vais pas renier tout ce qui se fait à Poitiers car j’ai été formé là-bas et parce que Poitiers est une grande université. Par contre, il est parfois important de sortir la tête de la politique et se remettre dans le bain de l’actualité scientifique avant de venir faire ce genre d’intervention dans une chaine de télévision publique, suivi par tout un Peuple et même partout dans le monde. Il y a même un article récemment publié, en septembre dernier dans la prestigieuse revue Nature, l’auteur c’est Sean Crowe du Denmark en collaboration avec le Département de Géologie de l’University of Johannesburg où je suis actuellement. Cet article démontre l’existence de l’oxygène libre dans notre planète il y a 3 milliards d’années. Cela veut dire que l’oxygène libre était présent à la surface de la Terre environ 700 millions d’années avant la période dont parlait le Professeur El AlBANI sur Gabon Télévision.

Vous savez, Yves MINTOUMBA est un journaliste que j’apprécie beaucoup, mais comment il a pu laisser passer ça ? Pourquoi il n’a pas réagi par une question pour apporter un peu de lumière et rectifier le tir ? Vous imaginez cela dans une interview menée par Christiane Amanpour sur CNN ou David Pujadas sur France Télévision ? Quelle catastrophe ça serait !!!

Le Gabon a des Grands Noms quand même : Le Professeur Léon NZOUMBA, Le Professeur Daniel ONA ONDO, Le Professeur Bertrand MBATCHI, Le Professeur OWONO NGUEMA, Le Professeur MINTSA, Le Professeur Jacques LEBIBI, Le Professeur KOMBILA, Le Professeur Alain ONDO….la liste est très longue et j’en passe !!! On ne peut pas venir dire ce genre de chose à la télé, un peu de respect quand même. Pourquoi le Gabon serait un Pays où n’importe quel marchand à la sauvette peut prétendre venir y vendre son illusion ? Pourquoi Gabon Télévision a pu laisser passer ça ??? Vous savez, qu’on m’efface du paysage, c’est rien car ces cas sont fréquents, mais entendre de telles choses dans la chaine de télévision publique du Gabon, ça m’attriste beaucoup !!!

Les Gabonais ne sont ni dupes ni stupides, et le temps où nous achetions et acclamions l’illusion est révolu. Ceux qui n’ont pas encore intégré cette notion n’ont rien à faire au Gabon et j’ai un grand espoir que la nouvelle vision politique du Gabon saura s’occuper de ce genre de cas !!!

 

Frantz Ossa Ossa c’est un peu dur quand même surtout envers votre ancien directeur de thèse !

Vous avez demandé mon avis sur son intervention à Gabon Télévision, alors je vous ai livré le fond de ma pensée. Nous sommes en démocratie et j’ai le droit d’exprimer mon avis surtout quand il est fondé et justifié. Il est important parfois de sortir la tête de la politique et revenir dans la science. Vous savez lorsque j’étais en thèse à Poitiers, à chaque fois que j’ai failli, j’ai été réprimandé afin de me rendre meilleur. Pourquoi ne pas réagir sur ce genre d’intervention surtout quand c’est l’homme qui t’a mis le « feu aux fesses » pendant trois bonnes années ? Je ne suis pas prétentieux mais il faut faire attention avant une intervention en publique et surtout lorsqu’on est mondialement connu. Les gens peuvent s’inquiéter et se poser des questions comme le cas de la brillante équipe de Brainforest, vrai ou faux ?

Frantz Ossa Ossa, Poitiers et le Professeur EL ALBANI ont quand même souligné la publication d’un travail important dans la prestigieuse revue de l’Académie des Sciences Américaine, et vous depuis 2010, rien de spécial ? Eux au moins peuvent avoir le mérite de faire la une de l’actualité au Gabon non ?

J’ai félicité ce travail aussitôt qu’il a été publié et même au début de cette entrevue. Cela veut dire que je ne suis en guerre ni en concurrence avec personne, et quand quelque chose est bien il faut le reconnaitre, quand ce n’est pas bon il faut aussi le dire.

Un article de moi en premier auteur est paru dans la prestigieuse revue Chemical Geology, un volume spécial dédié à l’un des plus grand chercheur dans le domaine des géosciences qui a sans doute influencé les principales théories sur la Terre primitive durant les 50 dernières années, et décédé il y a environ 2 ans. Je suis très fier d’être parmi les privilégiés dans l’hommage qui lui est rendu par la communauté scientifique mondiale à travers ce volume spécial. Je ne pense franchement pas venir faire une tournée médiatique au Gabon juste pour ça. Je ne pense pas non plus que je viendrai chanter sur tous les toits au Gabon que j’ai deux autres articles qui sont en phase d’être publiés dans deux autres prestigieuses revues scientifiques, car c’est encore très peu dans mes objectifs à atteindre. Il y a aussi d’autres choses très confidentielles dont je n’ai pas le droit d’en parlé ici, mais au moment de la publication, je serai très ravi de venir au Gabon pour en parler si je suis invité par les medias gabonais car l’impact sera très important pour la communauté scientifique mondiale.

Une dernière question Frantz Ossa Ossa, lors de votre reportage sur l’émission pluriel à Gabon Télévision début 2012, vous aviez semblé montré des choses masquées par un tissu, et que vous aviez présentez comme étant d’une importance majeure. Qu’est ce qui en a aujourd’hui ? Deux années sont passées mais on en a plus entendu parler.

Je vois que vous avez les yeux et les oreilles partout, et que rien ne vous échappe. Effectivement ce qui était masqué sous ce tissu a une importance majeure pour le monde scientifique et la découverte des fossiles de Franceville. Des fossiles présentés comme étant des organismes multicellulaires de taille relativement grande ont été découverts à Franceville par Frantz Ossa Ossa, El Albani et Paul Sardini, grâce à l’orientation de Michel Mbina. Depuis, trois années sont passées, mais est-ce que quelqu’un a essayé de challenger l’une des questions fondamentales parmi celles qui ont émergé suite à cette importante découverte, à savoir quelle types d’organismes multicellulaires s’agissaient ils ? Quels sont les premiers êtres complexes qui ont colonisé notre planète ? Je présume que personne, car je vérifie l’actualité scientifique tous les jours. Pourtant tout le monde nous attendait au tournant sur cette question fondamentale.

Mais ce que vous avez vu couvert sous le tissu est en partie une réponse à cette question fondamentale. Une espèce clairement identifiée trouvée sur un autre site très important dans le G2. J’ai fais des études approfondies sur ces traces fossiles en collaboration avec une équipe de chercheurs mondialement reconnu. J’ai présenté ce travail à une Personnalité importante parmi les autorités gabonaises sensibles à cette question. Je sais que cette Personnalité lira cette interview et pourra me contredire si je raconte des histoires. Mais nous sommes néanmoins tombés d’accord sur un point fondamental. Le site d’où viennent ces nouveaux fossiles est vital pour l’économie du Gabon et constitue un projet phare pour l’avenir de notre pays. La décision avait été dure, mais je n’aurais pas pu semer le trouble autour de ce site et mettre en difficulté ce projet important qui constitue un jalon majeur pour l’économie et l’avenir de notre pays. Parfois dans la vie, il faut savoir faire des compromis et situer ses limites surtout quand cela devient vitale. J’ai tout simplement décidé d’abandonné ce travail, qui pourtant m’aurait bien intronisé dans la communauté scientifique mondiale. J’ai privilégié l’intérêt de mon pays au lieu de penser à moi et à ma petite personne. Je ne me suis jamais focalisé sur ce que le Gabon me donnera en guise de récompense, mais plutôt  ce que je peux apporter à mon pays afin de le rendre meilleur, à mon échelle notamment. J’empreinte souvent cette expression du très célèbre ancien Président John Kennedy, et beaucoup de gens peuvent reconnaitre ici que c’est là, une grande valeur que ce Grand Président a enseigné à l’humanité toute entière.

Merci Frantz Ossa Ossa, un mot de fin ?

Je ne suis en guerre avec personne, ni encore moins en concurrence avec personne. Je suis fier d’avoir été étudiant à l’Université de Poitiers et j’y ai appris beaucoup de choses qui font certainement de moi un bon chercheur aujourd’hui. J’y ai connu des gens magnifiques et une partie importe de l’histoire de ma vie y a été écrite. Cependant, je n’accepterai plus que quelqu’un viennent parler de moi ou raconté n’importe quoi sur mes choix ou les raisons de mon départ de Poitiers dans la télévision gabonaise et ailleurs car je me ferai le plaisir de diffuser tous les enregistrements vidéo et audio pris depuis le début de cette histoire dans la carrière de SOCOBA jusqu’à mon départ de Poitiers en Juillet 2011. J’ai toujours été passionné par l’électronique et les nouvelles technologies, et avec plusieurs gadgets on peut faire plusieurs choses intéressantes et tous mes collaborateurs à Poitiers n’ignoraient pas cette passion. Mais à ce que je vois, la soif de la gloire a effacé la mémoire de certaines personnes. Pourquoi pas une confrontation publique sur  une chaine de télévision au Gabon ? Ce serait une très bonne chose et ainsi le publique pourra profiter de ces enregistrements en direct. Contrairement à ce que certaines personnes peuvent penser, le Gabonais n’est ni dupe ni stupide.

Et pour finir, Max Weber dans son brillant œuvre « Le Savant et le Politique » a fait don d’une notion importante à l’humanité : « L’éthique de conviction et l’éthique de responsabilité ». Dans un pays qui a fixé son cap vers l’émergence, j’ai pris la mesure à mon niveau et j’essayerai toujours d’apporter ma maigre contribution à ma petite échelle. Pour cela j’ai mes modèles et mes exemples à suivre : Le Professeur Léon NZOUMBA, Le Professeur Daniel ONA ONDO, Le Professeur Bertrand MBATCHI, Le Professeur OWONO NGUEMA, Le Professeur MINTSA, Le Professeur Jacques LEBIBI, Le Professeur KOMBILA, Le Professeur Alain ONDO, Marc Ona, parmi des milliers encore.

Je ne saurai terminer sans remercier le Ministère Français des Affaires Etrangères, et surtout l’Ambassade de France au Gabon car c’est grâce à leur travail sur le terrain que plusieurs jeunes talents cachés au Gabon on été identifiés et continuerons toujours à être identifiés. Merci.

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